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Week-end nature aux Pays Bas

Je suis à Amsterdam depuis maintenant 4 semaines, et en y arrivant, je me mis en tête la chose suivante : ne reste jamais un week-end chez toi à ne rien faire, à glander sur l'ordinateur.

Profites-en pour bouger !

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La ville c'est bien, mais on finit par s'en lasser, après un an au Canada, les grands espaces me manqueraient-ils ? Ce week-end, je sors d'Amsterdam, je visite les alentours, improvisation sera le maître mot.

Je me renseigne (un peu) sur les modalités d'hébergements gratuits ici aux Pays-Bas. Contrairement à la France, le camping sauvage est illégal, et je me vois assez peu négocier en Néerlandais une fois découvert par la maréchaussée. En revanche, l'office national des forêts a mis en place dans certains endroits, des aires de camping sauvage autorisées. Je trouve le concept sympa, un [site](https://www.logerenbijdeboswachter.nl "target="_blank) est là pour les répertorier. Je note les coordonnées GPS, on verra où j’atterris mais au moins j'ai ces adresses sous le coude.

La mer du nord

Je précise, nous sommes le 27 août, il fait chaud dans la capitale, 27 degrés environ, et la plage assez proche me donne envie. Je prends la voiture, le vélo attaché derrière, comme un vrai Néerlandais qui viendrait en France. Un trentaine de kilomètres plus loin j'arrive à IJmuiden (bon courage).

Où est la plage ?

En tout cas ce joli port industriel rappelant Saint Nazaire ne me remonte pas le moral.

Google maps et mon sens de l'orientation nous amènent finalement en dehors de la ville, je continue pendant deux kilomètres au milieu des dunes de sables pour enfin arriver à la plage, ou plutôt au parking.

Bon, je ne vais pas faire mon bon Français en commençant à râler mais j'ai été déçu en voyant qu'il faut payer le parking. Qu'importe, je retourne sur mes pas, trouve à me garer et enfourche mon vélo direction la plage.

Un groupe de rock joue dans le bar, devant les quelques personnes qui dégustent une bière en terasse. Il y a un vent à faire peur à un Breton, et la plage me semble plutôt déserte pour un dimanche d'Août. À moins que tout le monde soit resté à la terasse de son bungalow, car oui, des bungalows, ce n'est pas ce qui manque.

Bungalows plage de IJmuiden

Je m'aventure quand même, et pose ma serviette non loin de l'eau, mais loin du bar : la plage est plate et immense, on ne risque pas de se marcher dessus.

Température agréable, je m'allonge et sors un bouquin. Dix minutes plus tard, il faut se rendre à l'évidence : il y a trop de vent. J'aime le vent, mais là, il ramène une quantité de sable assez impressionnante... Et je comprends donc mieux pourquoi tous mes voisins ont opté pour la solution paravent Coca-cola.

Paravent coca
L'arme de guerre

Du sable partout
Ce qu'il reste de ma serviette en dix minutes

Je décide donc de mettre les voiles, de toute façon je ne suis pas un grand fan de la bronzette les doigts de pieds en éventail. Let's go !

Campagne hollandaise

Après cet épisode plage un peu raté, je reprends la voiture direction je ne sais où. Mon estomac grogne, je me rends donc au Albert Heijn (supermarché extrêmement répandu aux Pays-Bas) le plus proche, celui d'Overveen (à vos souhaits). Le village est sympa, peut-être même typique, avec des vélos et des petits canaux, en tout cas ça me plait déjà beaucoup plus.

Centre de Overveen

Je me dirige vers le sud, en direction de deux emplacements de camping sauvage autorisés. Je me détourne du chemin le plus rapide (bah oui, sinon on ne visite pas) en allant vers la plage de Zandvoort. Là, il y a du monde, même un peu trop ! Tous les Amstellodamois semblent avoir fui la capitale pour ce rendre sur cette plage qui ressemble à celle de IJmuiden.

Je continue donc ma route vers Leiden.

Ce qui me fascine ici, c'est la facilité avec laquelle on change de décor. Les paysages hollandais ne sont pas très variés, mais en revanche on passe facilement de la ville à la campagne, en quelques centaines de mètres parfois. Les maisons qui donnent sur un canal, avec le bateau à quai font penser à une histoire dans un autre univers. J'ai parfois le sentiment d'être dans un parc d'attractions en passant dans ces petits villages.

Soleil couchant sur un canal

Savoir renoncer

Je m'arrête donc à la deuxième aire de camping sauvage, la première était très correcte, mais bruyante. Le cadre de celle-ci est plus charmant, un canal est à proximité, et l'on y trouve même une petite table pour manger. Pour le bruit par contre, c'est raté, il y en a toujours autant. L'autoroute qui relie Rotterdam à Amsterdam ne passe pas loin, dommage car c'est le seul inconvénient de l'endroit.

Pour ne pas me faire trop déranger par les moustiques, je mange sur la table, et non dans la forêt. Plaisir de retrouver mon réchaud P3RS, j'ai quasiment le même sentiment de bonheur et de satisfaction intérieure qu'après les bonnes journées de vélo de cet été, mais la fatigue en moins.

Réchaud P3RS en action
Oui, on peut faire cuire des pâtes avec ce truc

Je suis cependant toujours sceptique, un orage approche, la météo en annonce aussi pour le dimanche matin. Je me dis que camper au milieu de la forêt sous l'orage n'est pas la chose la plus intelligente à faire. Et puis la flemme de monter la tente. Ça sera dodo dans la voiture, c'est pas la première fois, ça devrait aller.

Parfois, ça ne fonctionne pas. Au bout d'une heure à me tourner dans tous les sens, je commence à me poser la question de rentrer. Je suis à moins d'une heure de l'appartement... Et finalement je crois que tout ce dont j'avais envie, c'était de prendre l'air, de sortir d'Amsterdam, pas forcément de camper sauvagement. Je crois plutôt que j'associe cette idée de liberté, de nature, avec ce que j'ai vécu cet été en campant dehors pendant plus de deux semaines...

Peut-être que je me suis un peu dégonflé, mais parfois il faut savoir s'écouter, alors oui, je suis rentré prendre une douche et dormir mon quota de sommeil. Le camping n'est que partie remise ;-)