/ Amérique du Sud

Sud du Chili, Ile de Chiloé

Bienvenue dans cette première contribution à ce blog. Avant toute chose je tiens à préciser, puisque vraisemblablement un seul nom apparaitra, que cet article a été écrit conjointement avec Arthur.
Autre mise au point pour bien planter le concept du voyage, nous sommes deux étudiants en échange au Chili, dans la ville de Concepcion et nous profitons donc de ça pour découvrir le pays.

Vendredi 15 avril, 11h du matin. Mon téléphone sonne, je décroche d'une voix ensommeillée. Au bout du fil, Arthur qui gesticule : il part avec sa soeur et son beau frère en road trip pour 4 jours au sud du pays, et me propose de me joindre à l’expédition. Après une longue hésitation d'au moins 30 secondes, j'accepte. Nous voilà donc partis.
Les billets de bus sont réservés dans la journée (un volet en fin d'article déclinera toutes les modalités pratiques afin de mieux s'y retrouver), et nous quittons Concepcion vers 23h30.
Voyage sans incident, et nous arrivons à 7h25 dans la ville Puerto Varas. Située au bord du Lac Llanquihue (répétez le 5 fois très vite), légèrement au nord de Puerto Montt, la "grande" ville du secteur.
Le temps de prendre un petit déjeuner à l'ouverture d'un café, et nous récupérons la voiture de location 2h après l'heure planifiée la veille, horaire chilien oblige. Cet intermède nous permet une brève visite du centre et de la côte du lac, fort agréable paysage agrémenté de la lumière matinale.


Une fois en possession du bolide, nous prenons la route de l'île de Chiloé, 45 min de route au Sud Ouest pour rejoindre le ferry qui nous transporte jusque sur l'île.
Des phoques nous accompagnent le long de la traversée qui s'achève à Chacao. Le port présentant peu d'intérêt en lui même, nous nous dirigeons vers Ancud, autre ville portuaire, afin de nous restaurer.

Petit restaurant sur la mer, nous goûtons chacun les spécialités marines locales, situation insulaire oblige !
On peut notamment citer le curanto, mélange de viande et de fruits de mer servis dans une marmite, le tout accompagné d'une pâte à base de céréales semblable au kig ha farz (pour les non initiés c'est par sinon on va encore dire qu'on est chauvins )
Une fois repus, pause cigarette en admirant le paysage, et retour à la voiture direction une plage proche de Mar Brava (404, localisation exacte not found ) dans le but utopique de croiser quelques volatiles nommés pingouins. La saison étant terminé c'est sans surprise que nous découvrons, après un trajet sur une piste, une plage nichée dans une baie sans un seul animal, mais offrant une vue magnifique. Nous descendons sur la plage pour admirer les quelques habitations nichées sous les falaises. Les maisons sont colorées, hétéroclites.

Le groupe étant composé principalement d'enfants de 21 à 27 ans nous nous dirigeons vers les roches émergeant de l'eau pour les escalader et voir "keskilyalaho". Nous n'arrivons pas jusqu'en haut, du fait d'une végétation plutôt dense qui empêche des alpinistes aguerris que nous ne sommes pas de parvenir au sommet de cet Everest en miniature, mais nous restons tout de même bouche bée devant la vue imprenable que nous avons sur l'océan.
Nous restons un moment sur la plage car l'endroit, désert à cette heure et en cette saison est enchanteur. Le soleil commençant à décliner nous profitons encore un peu de la vue avant de reprendre la voiture et de rouler sur la plage pour rejoindre une route vaguement praticable.

Nous rejoignons Castro la capitale, et arrivons une fois la nuit tombée. Nous filons donc vers un petit hôtel (merci le routard), pour passer la nuit. Douche chaude et repos bien mérité pour être d'attaque le lendemain.

(je passe le clavier a Arthur, j'ai des crampes aux doigts)

Réveil 9-10h, nous nous préparons puis nous sortons de l'auberge. Avant de reprendre la voiture, nous restons quelques minutes devant la vue imprenable sur le bras de mer bordant la ville. Nous passons acheter de quoi grignoter pour le matin et faire quelques sandwichs pour le midi, puis nous prenons la route, direction le parc national de l'île.
Nous rentrons par l'entrée sud du parc (proche de Cucao) et établissons notre plan de balade grâce à la carte visible a l'entrée. Au programme : deux sentiers de 1-1h30 chacun. La "randonnée" ne pose pas de difficultés particulières, sur le chemin se succèdent miradors, végétations luxuriante et passages dans la boue. Un des sentiers mène néanmoins à la plage de Caleta quiutil, longs morceaux de cote, entre vagues et dunes verdoyantes. Nous restons pas mal de temps à regarder descendre la marée, puis nous retournons à la voiture, direction Puerto Varas.

Une fois à Puerto Varas, nous nous trouvons une petite auberge (qui s’avérera être un repère de français, jusqu'à la réceptionniste). Nous faisons confiance au routard pour le repas du soir, et nous nous dirigeons vers Chimana Inn. Une fois assis à la table, ce n'était pas compliqué de s'apercevoir que nous étions tombés dans le repères à touriste de Puerto Varas, la carte aux prix exorbitants, imprimés sous Excel, le serveur bien trop causant, le tout baignant dans un décor plus neutre que la Suisse, le confirmant largement. Nous nous levons et prenons la fuite, direction la pizzeria jouxtant. L'ambiance change du tout au tout, et la carte est bien plus abordable. Nous profitons donc de délicieuses pizzas, tout en nous imbibant de bières artisanales locales et de vin Chilien. Bref : sacré coup de cœur.
La dessus, une bonne nuit de sommeil bien méritée.

Le programme de la journée étant bien chargé, on se lève a 8h, on se presse pour faire nos sac, et en moins d'une heure, nous étions sur la rive du lac. Sous nos yeux, un spectacle hypnotique, l'humidité de l'air matinal se condensait a la surface de l'eau produisant un léger brouillard magnifique dans le soleil levant.


Sur ce, nous prenons la voiture en direction du parc "Saltos del Petrohué" (repéré la veille dans le routard). Après 1h30 de voiture, sur une route bordée par de jolis paysages, nous arrivons sur le site. Le site présente 3 sentiers différents, dont le principal mène aux dits Saltos del Petrohué, cependant les 2 autres ne sont pas a délaissés, bien au contraire. Les touristes venues en agences, faute de temps, d'indication, ou à cause des directives peu malléables, se limitent au premiers, perdant ainsi l'occasion de découvrir deux autres sites exceptionnels. Les paysages mélangeant montagnes, ruisseaux d'un bleu azur, et végétation abondante prouvent bien qu'ici la nature prime. Le deuxième site permet d'observer un petit lac, niché dans la falaise, où il fait bon d'écouter parler le silence (malheureusement, nous avions emmené Axel). Le troisième site se trouve après les cascades, le long du ruisseaux, le paysage rappelle les gorges du Verdon. On se pose quelques minutes, le temps d'escalader quelques arbres, fumer une cigarette, puis on rejoint la sortie du parc.

Retour à la voiture, et grosse hésitation : aller au volcan Osorno, situé non loin, ou rendre la voiture à l'horaire prévu. Le sort décide plus ou moins pour nous puisque le responsable de l'agence n'est pas joignable. Nous prenons la route du volcan, une demi heure de voiture, ascension comprise. Le paysage se fait de plus en plus magnifique jusqu'à ce que nous arrivions dans les nuages. À ce stade, c'est la déprime de tout l'équipage car nous nous aventurons dans une purée de pois à faire pâlir un cassoulet toulousain (désolé pour ceux qui liraient cet article au petit déjeuner). Nous décidons de poursuivre la montée, au point où nous en sommes. Nous arrivons donc à la station de télésiège car on ne peut atteindre le sommet en voiture. Le préposé au guichet nous affirme que le sommet est dégagé. Sceptiques mais décidés à aller au bout, nos grimpons dans le télésiège (en bon état, c'est déjà ça). 12 minutes plus tard et toujours dans un brouillard à couper à la tronçonneuse nous arrivons au second tronçon de télésiège, et c'est reparti pour 18 minutes. Nous commençons à vraiment à sentir l'arnaque. Mais de toute façon plus moyen de descendre avant d'arriver jusqu'en haut, nous prenons notre mal en patience. En pôle position avec Arthur dans le premier télésiège nous sommes les premier à percevoir le changement : la barbe à papa (le sucre en moins malheureusement) perd en épaisseur. En 30 secondes nous passons de Londres au petit matin (ou Pékin à l'heure de pointe, au choix), à une vue imprenable sur une magnifique mer de nuages, surplombé par le majestueux Osorno couvert de neige, un véritable enchantement qui nous fait oublier tout nos doutes. Nous ne savons plus où donner de la tête. À l'arrivée du télésiège, nous pouvons continuer l’ascension sur encore quelques mètres. Arrivés au point le plus haut nous remplissons nos yeux et appareils photos. Quelle que soit la direction où se posent nos regards tout autour de nous respire la perfection. La cordillère au loin, le sommet du volcan qui nous surplombe, les nuages qui ressemblent plus à un océan, de ce point de vue, qu'à l'infâme brouillard que nous avons traversé.


Entre gaminerie et photographie, nous passons plus d'une heure presque seuls au monde en haut. Le genre d'endroit où on passerait un temps fou sans même s'en apercevoir!
Ressourcés et ravis de la surprise réservée par miss météo, nous prenons tranquillement le chemin de la vallée. Cependant une fois encore, sans doute pour récompenser notre ténacité, une petite surprise : pour une raison inconnue la lumière du soleil se diffracte sur le télésiège et entoure notre ombre d'un divin halo! Nous passons donc la descente à échafauder diverses explications plus ou moins crédibles au phénomène (il paraît évident que jusqu'à présent, c'est flou...).
Nous retrouvons donc la voiture, le sourire aux lèvres et les mirettes pleines de souvenirs.
Retour dans la vallée, petit arrêt photo une fois repassée la barre nuageuse. Rien à voir avec le côté féérique plus haut, mais la vue vaut clairement le détour.
Nous nous arrêtons en chemin dans un lieu nommé Laguna Verde, de couleur..... ben verte, merci captain obvious! Le lieu offre, en plus de la lagune, un mirador sur le lac immense. Encore une fois la vue vaut le détour et nous sommes les seuls sur les sentiers.

Nous prenons ensuite la route de Puerto Varas afin de rendre la voiture à l'agence et de manger un morceau. Nous profitons du beau temps et de la vue sur l'autre côté du lac, ainsi que d'un délicieux burger et, ô joie, alors que nous nous trouvons à 21h d'avion et 12 000km de Marseille, un délicieux Ricard ! Un vrai de vrai, servi dans son verre à ballon aux couleurs de la marque, avec la carafe assortie. Bilan : journée paradis !

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, direction le terminal de bus de Puerto Montt, cité voisine (relativement laide au demeurant), et nous prenons un bus pour Valdivia, cité sans grand intérêt si ce n'est l'auberge où nous avons séjourné et ses bières artisanales, dont nous avons su profiter (avec la modération connue en Bretagne, bien entendu)
Réveil donc frais et dispo le lendemain, pour un retour sans encombre à Concepcion.

Trucs et astuces :

  • Tickets de bus : le trajet a coûté environs 30 000 pesos chiliens aller-retour soi 40€.
    Tout le monde au Chili utilise ce type de transport, très pratique, confortable et peu onéreux.

  • Location de voiture : pour une citadine 5 places compter 30 000 pesos par jour (40€)

  • Ferry pour l'île de Chiloé : 12 000 pesos en voiture, 16€ (à diviser donc par les 4 personnes que nous étions)

  • Sur l'île de Chiloé : compter 10 000 pesos par personne (13.3€) à l'hospedaje aguero

  • Télésiège au volcan Osorno : 18 000 pesos (environs 25€)

  • À Puerto Varas, Hostal Casa Marguya tenue par des français, 13.3€ par personne également

  • Bus de puerto Mott à Valdivia : 5000 pesos donc 7€ à peu près

  • Dernière nuit à Valdivia à l'hostal Aires Buenos, toujours 13.3€ (Auberge coup de coeur du voyage )

  • Bus Valdivia concepcion : 12 000 pesos soit 16€