/ Amérique du nord

Balade en chiens de traineau au Québec

Aujourd'hui, je vous emmène à l'Anse Saint Jean, et plus particulièrement chez "Entre chiens et loups", qui propose des promenades en chiens de traineau.

On est fin mars, et le temps commence à se radoucir au Québec. Les températures finissent par revenir au delà de 0 degré, ce qui signifie que la glace et la neige vont fondre... Alors, "pas l'temps de niaiser", il faut que l'on fasse du chien de traineau avant que ça ne soit plus possible !

Après quelques recherches sur internet, on réserve une après-midi en chiens de traineau auprès d'[Entre chiens et loups](http://entrechienetloup.ca/ "target="_blank). Le chenil est situé non loin de la station du Mont Saint Édouard, vers l'anse Saint Jean, soit à environ 1h20 de voiture de Chicoutimi.

Le rendez-vous est fixé à 13h, le temps est radieux, la journée s'annonce donc parfaite !

Nous sommes très bien accueillis par Goulwen (un breton venu se perdre au Québec) et Alain. Le temps n'est pas très froid et nous sommes plutôt bien équipés. On nous fournit néanmoins des chaussures, très chaudes, et qui se révèleront très pratique par la suite !

Avant de partir, les rudiments de la conduite de traineau nous sont enseignés. Pour faire simple, nous n'avons pas à nous occuper de la direction, les chiens savent très bien suivre le traineau de tête, qui lui sera emmené par Goulwen, notre guide. Il y a néanmoins une chose essentielle à retenir : depuis le traineau, on voit facilement la corde centrale et il faut que celle-ci reste tendue ! En effet, si les chiens ne ressentent plus de tension, il vont commencer à se demander si le traineau ne va pas les percuter par l'arrière... La solution pour éviter cela est donc de freiner pour tendre la corde si besoin.

Pour résumer : il faut freiner dans les descentes, et parfois même dans le plat. Il est aussi impératif de freiner sans faire d'à-coups, pour ne pas donner l'impression aux chiens qu'ils perdent le contrôle. Le frein se contrôle avec les pieds, et c'est là que les chaussures que l'on nous prête se révèlent indispensables, sans elles je pense que je n'aurai pas pu tenir les deux heures de balade. En effet nos pieds sont sans arrêt couverts de neige, je pense que je serai resté congelé...

Deux heures de balade

Une fois que les chiens sont attachés, c'est parti pour la balade. Durant les premiers mètres, les arrêts pipi et/ou caca sont nombreux (pour les chiens). C'est ça le charme de la nature, comme le disait Goulwen : "C'est du vivant, pas une machine".

On emprunte donc un sentier, puis l'on se retrouve dans un espace un peu plus dégagé. La civilisation semble éloignée, il n'y a pas de bruit à part nos traineaux qui glissent sur la neige... On traverse ensuite un petit pont enjambant un ruisseau. Nous franchissons une seconde rivière, mais cette fois-ci, pas de pont, la rivière est encore bien gelée.

Traineau en duo, pause photo sur le lac

Nous alternons entre passages dans les bois et passages dans des endroits dégagés, c'est magique. À chaque fois que nous arrivons dans un nouveau lieu, je ne peux m'empêcher d'écarquiller les yeux, c'est simplement beau !

Goulwen nous indique que nous allons nous diriger vers le Lac Emmuraillé, chose qui ne fait pas forcément partie de toutes les balades. On est donc ravis que le parcours ne soit pas toujours le même, on ne se sent pas dans un business où tout est fait à la chaine. Ici, on prend son temps !

Je crois que nous sommes tous restés bouche-bée à notre arrivée sur le lac. L'immense étendue blanche est encaissée entre plusieurs flancs de montagne. Conduire un traineau à chiens sur un lac gelé, c'est vraiment quelque chose à faire, quelque chose que je ne suis pas prêt d'oublier !

Pause photo du lac, dunes de neige à la clé

Nous faisons une pause au milieu du lac, pour prendre des photos, admirer le paysage mais aussi pour faire souffler les chiens. Cela doit déjà faire environ une heure que les braves bêtes nous tirent.

Nous en profitons pour poser quelques questions à notre guide. Donc, pour le petit quart d'heure géologie, sachez que le Fjord du Saguenay, proche de cet endroit est une faille primaire. Tandis que perpendiculairement à cette faille primaire, des failles secondaires se sont formées. C'est le cas du lac Emmuraillé, d'où la nature particulièrement encaissée du lieu.

Nous repartons ensuite, en direction de notre point de départ. Les chiens ont parfois un peu de peine dans les montées : les conditions météos ne sont pas au mieux pour eux. Il fait beaucoup trop chaud, et la neige qui est tombée deux jours avant rend leur déplacement plus difficile.

On peut les aider et descendant du traineau, et en marchant tranquillement, tout en gardant bien sûr notre main sur le manchon (le "guidon") du traineau.
Pause également utile aux chiens qui se rafraichissent

Contact avec les chiens

Au delà d'une expérience de balade en traineau à chiens, c'est aussi le contact avec les animaux qui rend l'expérience inoubliable. À notre retour au chenil, nous avons pu les remercier comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous. Goulwen a bien insisté sur le fait que pour eux aussi, le mental est important. Ainsi, si ils se sentent remerciés, ils donneront tout ce qu'ils ont tout au long de la saison. Au rythme d'une sortie de deux heures par jour, il vaut mieux avoir un bon mental, car l'hiver est long au Québec !

Calin avec les chiens du traineau de tête

Nous sommes ensuite restés pour enlever les harnais des chiens, leur donner à boire, et à manger.

Les chiens, avant le départ

Pour leur donner à manger, il vaut mieux prévoir de bonne quantités de viande. Les 44 chiens du chenil mangent chacun entre 1,5 et 2kg de viande par jour, en un seul repas ! Et le spectacle vaut le détour. On leur sert à chacun une gamelle de viande, mais aucun des chiens ne vient manger, au plus ils viennent renifler la mixture.

Et pour cause, ils attendent tous sagement l'ordre de Goulwen. Il suffira d'un tout petit "ok", prononcé à voix basse pour que tous les chiens sur ruent sur la gamelle et mangent copieusement leur repas. En une à deux minutes maximum, il ne reste plus rien, autant dire qu'ils sont très efficaces !

Les chiens, attendant sagement l'ordre pour pouvoir manger

En conclusion de cette journée, je dirai que c'est une des meilleures activités que nous avons faites depuis septembre ! Et je pense que le grand soleil et les paysages magnifiques y sont pour beaucoup. Mais nous avons aussi adoré nous faire trainer sur un traineau, par des chiens. On se prendrait presque pour un vrai trappeur canadien...

À dimanche prochain !